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Compte-rendu : Nobuo Uematsu à Bruxelles et Paris - Novembre 2012  (Concerts) posté le lundi 19 novembre 2012 23:46

Blog de mrcroft :FF Souls - Critiques d'OST (Final Fantasy & Autres RPG), Compte-rendu : Nobuo Uematsu à Bruxelles et Paris - Novembre 2012

 

    On ne s'en rend pas toujours compte, ainsi revenu de ces quelques joyeuses festivités, mais ce que l'on a vécu cette semaine était un événement bien exceptionnel : Nobuo Uematsu a donné du 14 au 18 novembre 2012 ses premiers concerts en France et en Belgique ! Rien que chez nous, dans les pays francophones ! Pas pour les japonais, pas pour les américains, pas pour les anglais, mais pour nous, pauvres petits frenchies que nous sommes !! C'est tout bête, mais être conscient d'une telle attention aux yeux de l'international est un plaisir et un honneur à part entière.

     Uematsu a donc fait une véritable tournée, dont les dates ont été les suivantes : concert le mercredi 14 novembre à Bruxelles, le vendredi, samedi et dimanche à Paris, auxquels doit-on ajouter la séance de dédicace toujours à Paris le jeudi (l’événement était par ailleurs couvert par le quotidien Le Figaro). La soirée qui nous intéresse ici est celle du samedi, mais il va de soi que les représentations ont été les mêmes à toutes les dates, avec une setlist semblable. J'ai pour ma part assisté aux concerts de samedi et dimanche, tous deux donnés dans la célèbre salle de spectacle parisienne de La Cigale.

 

    Il y a toujours cette étrange sensation à l'aube des concerts lors de ses rassemblements de fans. Ce partage de goûts communs pour une musique, surtout celle dont il est question, prend une forme quasi-matérielle au cours de ces rares événements, auquel il faut y ajouter les multiples provenances de ce même public : Lyon pour certains, Toulouse pour d'autres, le Nord, Caen en ce qui me concerne, ou même encore d'autres pays comme la Suisse... tous réunis à Paris pour voir cet artiste dont la musique a baigné toute la jeunesse, l'adolescence, sans même que l'on s'en rende compte. De ce partage commun, de cette gratitude envers l'artiste, il se dégage cette chaleur amicale et poignante qui a perduré toute la soirée : voilà une des forces de ce concert. Nobuo Uematsu est arrivé, on n'a jamais cessé de l'acclamer, prouvant que bien à des milliers de kilomètres de chez lui, ses fans sont nombreux et lui témoignent une profonde reconnaissance. Sa bonne humeur constante, sa proximité avec le public, sa générosité et ses facéties ont coulé à flots au cours de la soirée, bien au-delà de la barrière de la langue et de son statut de... oui, de star, de célébrité internationale. Uematsu est un homme simple, qui révèle même avoir voulu se contenter à la base d'un petit job de compositeur sans prétention, sans jamais n'avoir cherché à aucun moment la gloire, qui ne lui a du coup pas monté à la tête. Un si grand talent habitant dans un corps d'être humain, rien de plus. De nombreux « artistes » feraient bien d'en prendre de la graine.

    L'orchestre présent sur scène n'en était pas vraiment un, Uematsu s'est simplement fait accompagner de deux autres compositeurs pour le seconder dans l'interprétation des morceaux : j'ai nommé Yoshitaka Hirota et Tsutomu Narita, par ailleurs deux membres du groupe de Uematsu, les Earthbound Papas. J'entends à ce propos dire que ce groupe n'est autre que les Black Mages dont on a changé le nom... Rien à voir ! Bref, deux claviéristes, un bassiste, et c'est tout. Une formation minimaliste qui nous promet deux heures de musique.

 

    En fait, je ne peux pas commencer à parler du contenu du concert sans mentionner les sujets de discorde visant la prestation. Le mot d'ordre était pourtant clair : on venait voir Uematsu jouer du Final Fantasy, ni plus ni moins, j'ai été comme 95% du public dans cet état d'esprit. A ces seules attentes, le concert remplit pleinement son cahier des charges. Mais il est aussi parfaitement légitime d'attendre de la prestation quelque chose de bien travaillé, de faire de ce spectacle un moment artistique recherché avec le sens du détail. Et dans ce deuxième cas de figure, la déception est inévitable : la sono était négligente, limite assourdissante dans les premiers rangs, et l'on se rend vite compte que la production n'était pas adaptée à la salle. Au niveau des sonorités, on regrette que l'ensemble était parfois, même souvent très kitsch, ce qui a coûté cher à des titres comme Daguerreo. Et surtout, les arrangements se voulaient simples, quelque fois plus fouillés comme pour Waterside de Blue Dragon, mais il s'agissait le plus souvent d'aller droit au but, d'interpréter les musiques telles qu'on les connaît dans les jeux, quitte à allonger les pistes en les jouant sur deux tours, comme dans les OST. Un choix il est vrai discutable mais un plaisir proprement doublé pour le plus grand public, tandis que plutôt crispant pour les plus exigeants. Pour ma part, je considère que la musique de Uematsu est avant tout faite de mélodies simples, et qu'un synthé suffit à en restituer la nature. D'autant qu'il travaille essentiellement sur cet instrument.

      Voilà donc ce qui pouvait distinguer les satisfaits et les déçus du concert, les seules causes étant dans l'attente et les espoirs qu'on s'en faisait. J'ai eu la chance de faire partie du grand public, celui qui ne vient pas chercher la petite bête, celui qui vient recueillir ce qu'on a posé à son attention, une musique qu'on lui a contée autrefois, une musique qu'on lui rejoue dignement pour un soir, dans l'idée simple du partage et du souvenir.

 

     Et là, la magie prend. Tina (FFVI) et Ami (FFVIII) charment, ce sont là deux titres que l'on délivre dans un enrobage sucré mais que l'on aime pour ce qu'ils sont. Après recueil de certains commentaires je voulais rappeler qu'Ami n'a pas de rapport direct avec la musique entendue dans la BGU, ce n'en est pas un arrangement spécifique, mais en fait le titre entendu lorsque Squall et sa bande se remémorent leurs souvenirs du temps de leur jeunesse à l'orphelinat d'Edea. On enchaîne avec un poids lourd, le Main Theme de Lost Odyssey. Un bruit agréable frappe nos oreilles, ce martèlement de la basse électrique d'Hirota entendu dans Tina : un pur régal, le cœur vibre avec les souvenirs, même quand il n'y en a pas. Sa contribution est d'ailleurs essentielle au concert tant le son qu'il envoie en rafale dans la salle contre-balance les mélodies parfois vraiment trop « synthétiques ».

      A partir de là, un interprète vient proposer ses services pour assurer les échanges entre Uematsu et le public. Pas besoin de répéter ce que j'ai dit plus haut, vous l'avez compris : ces échanges sont chaleureux, amicaux et même souvent complices, et surtout d'un naturel frappant ! Un plaisir de discuter avec lui, vraiment !

    Autre grande qualité du show, la variété des titres choisis. Uematsu rappelle à un public plutôt astreint, il faut bien l'avouer, à Final Fantasy, qu'il n'a pas composé que pour cette série. Je n'ai pas de leçon à donner à ce niveau, j'en fais un peu partie, après tout. Pour autant je connaissais très bien le titre suivant : Waterside de Blue Dragon. Contrairement aux trois premières musiques celle-ci se pare d'un arrangement original, posée dans son allure et prompte à inviter le public dans une ambiance de caverne sous-marine. La setlist gagne davantage en originalité avec des musiques presque totalement méconnues, dont une composée non par Uematsu mais par l'ex-batteur des Black Mages, Arata Hanyuda. La musique en question s'intitule Ending et provient d'un jeu nommé Border Walker, dont la sortie est à venir au Japon. Les jeux mentionnés qui ne sont pas encore sortis sur le marché étaient étrangement nombreux, faisant presque passer le concert pour une soirée de lancement. Amusant ! Plus loin, on se surprend à écouter une composition de Uematsu qui est loin d'appartenir à un jeu vidéo, et encore moins à une bande originale, mais à des séances de thérapies japonaises pour lesquelles on lui demandé de composer des musiques de relaxation. Le titre original durant une heure, Nobuo nous a vite rassurés en annonçant qu'une version courte de cinq minutes suffirait pour ce soir ! Après Daguerreo de FFIX, c'est un medley surprenant qui nous est proposé, non moins dans sa conception que dans le choix des titres. Qui s'attendait un jour à entendre en concert Slam Shuffle (FFVI), Gargan Roo (FFIX), Mysidia (FFIV) et Gold Saucer (FFVII) ? Autant le résumer en un mot, c'était déconcertant. Non, en fait en deux. Jouissif.

 

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   Comme pour Distant Worlds à Londres, c'est après l'entracte que viennent les grosses pointures de la saga FF. Le thème d'Aéris (FFVII) et The Man with the Machine Gun (FFVIII) ont été acclamés par le public, avec des élans d'enthousiasme sitôt les mélodies reconnues. Mais avant cela, d'autres musiques méconnues se laissent découvrir, toutes plus ou moins intéressantes, avec un coup de cœur personnel pour celle qui venait de Sakura Note. Les autres étaient issues de Fantasy Life, Unchainblades EXXiV (sortie à venir) et un autre jeu au titre provisoire, Project Happiness (sortie aussi à venir, donc). De belles musiques en somme, mais loin d'égaler la teneur mélodique de ces bons vieux FF, pour ma part. Toutefois, j'ai reçu une immense claque à l'écoute de Main Theme de The Last Story, une pure bombe qui me laisse regretter d'avoir sous-estimé l'OST. Et puis le trio s'en va, avec un au revoir trop bref pour être honnête... Allez, personne n'est dupe, il restait une musique en stock ! Sous les acclamations d'une foule conquise, Uematsu, Hirota et Narita nous reviennent dans une (auto-)dérision qui prête à faire rire la salle toute entière : ils portaient des masques d'Astérix et Obélix. Folklo ! Notez qu'à Bruxelles, c'est Tintin qui avais été mis à l'honneur ! Bref, ce moment d'humour passé, une musique inconnue se fait entendre, du moins jusqu'aux premières notes résonnantes de To Zanarkand à quoi le public répand une nouvelle fois sa liesse. Cette version dite alternative enlève partiellement l'émotion engorgée que l'on connaît de ce thème culte, ceci dans l'intérêt d'une musique plus sereine et exotique, bien que la beauté mélancolique de cet air ait résisté aux facéties de l'arrangement. Cette version pouvait difficilement déplaire, il faut dire qu'elle se paye le luxe d'interpréter l'air principal trois fois, dont une avec un son de cornemuse et une autre à la basse. Frémissant.

    Zanarkand fini, le public manifeste sans retenue sa satisfaction et sa reconnaissance envers Nobuo Uematsu, sans oublier l'aide d'Hitora et de Narita (qui ont par ailleurs été présentés pendant le live). Après généreux applaudissements et respectueuses salutations, toujours non sans un grain d'humour, la soirée arrive à son terme.

 

     Alors, que doit-on retenir de ce concert ? Qu'il était très convivial, ça oui. Uematsu est vraiment adorable, on a vraiment rien envie de lui reprocher. Sa complicité enfantine était communicante avec chacune des personnes présentes ce soir-là. Musicalement, on y a entendu ce qu'on a voulu : du Final Fantasy, justement dosé pour satisfaire tout le monde sans tomber dans le fan-service. Pour beaucoup de gens ce concert était une première, et je partage leur joie d'entendre enfin toutes ces musiques dans des conditions live, même si on ne peut le nier, il y avait beaucoup de pré-enregistré là-dedans, ce qui nuit à l'aspect live. On regrettera de plus des soucis de sono et des synthétiseurs peu matures et pas toujours crédibles. Le fait d'avoir bouclé les musiques en deux tours sans variante n'était pas très judicieux non plus... Mais voilà, je suis comme une bonne partie du public présent ce soir-là. Tout ça, on s'en fout. Notre compositeur favori nous a joué du Final Fantasy, nous a fait découvrir quelques uns de ses autres travaux, et on l'a sincèrement remercié pour cela. C'est tout ce qui compte. Ce concert, c'est comme le bonheur, c'est simple comme une mélodie de Nobuo Uematsu.




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2 commentaire(s)

  • light58 mar. 20 nov. 2012 22:06
    Pas forcément très courant ce genre de rassemblement, ça fait plaisir de voir autre chose qu'un grand orchestre symphonique nous rejouer des thèmes entendus et réentendus des dizaines de fois. Ici, l'occasion était juste de passer un moment privilégié avec des fans mélomanes. Vraiment sympa, si un jour ça pouvait se faire avec Akira Yamaoka, ce serait génial... ^^

  • tphi mar. 20 nov. 2012 17:30
    Une soirée magique en dehors de l'espace et du temps, en compagnie de Nobuo et de sa musique... Comme toi, je considère que la simplicité des arrangements et de l'instrumentation ne fait que refléter le caractère simple (et synthétisé) de la VGM d'Uematsu... ou tout du moins de la majorité de ses compositions. Le seul reproche à formuler est en effet la masse de préenregistré un peu dommageable pour l'esprit live. Il n'en reste pas moins que cette date est et sera pour longtemps encore une qui illuminera mes yeux et mes oreilles à chaque évocation.

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