Nobuo Uematsu, Yoko Shimomura, Masashi Hamauzu, Hitoshi Sakimoto… Une belle liste de compositeurs dont j’ai commenté les créations, mais il manque un des piliers ; celui dont le nom résonne encore dans le cœur des joueurs au bon goût du RPG JAP. J’ai nommé Yasunori Mitsuda !
Compositeur connu et reconnu par de nombreux joueurs, Mitsuda tient dans son palmarès des OST de grande envergure, le plus célèbre et le plus apprécié d’entre eux est sans aucun doute celui de Chrono Cross. Mais avant de toucher à cette œuvre de cristal, il convient de s’attaquer d’abord à celle qui a révélé son nom auprès du public. D’ailleurs, Mitsuda n’a pas commencé en tant que compositeur chez Square, mais comme programmateur pour des jeux mineurs de chez Square. Mais à l’instar de son singulier entretien, il sait communiquer aux autres ses ambitions, même si le dialecte qu’il utilise est peu conventionnel, surtout quand on est le petit nouveau qui débarque chez la prestigieuse société de Squaresoft. Après avoir secondé dans de petits projets, Mitsuda se rend furieux chez Sakaguchi lui-même (à l’époque, il était encore le dirigeant) : « J’en ai marre de travailler ici. Si vous ne me faîtes pas composer, je pars ! ». Yasunori n’a pas eu tort de se plaindre, Sakaguchi le contacte quelques jours plus tard et lui propose de composer la musique de leur prochain grand projet : Chrono Trigger ! Il s’agit d’un RPG sorti sur SNES qui joue sur le système de voyage dans le temps. Chrono mène une vie paisible dans son village jusqu’au jour où… il se retrouve dans son même monde, 400 ans en arrière !
L’OSV sortit le 25 janvier 1995, et il fut la consécration pour Yasunori Mitsuda. Sa carrière y débute, commençant sur des chapeaux de roues, avant de réitérer l’exploit à plusieurs reprises, qui font aujourd’hui de Mitsuda un des grands noms de la musique de jeux vidéo. Voyons à quoi ressemble un début de carrière prometteur, un vrai…
A noter que cet OSV a été en partie composé par Nobuo Uematsu, 9 pistes sur 64 exactement. Le moustachu a du achever la tâche de son collègue quand celui-ci a croulé sous la frénésie de son rythme de travail. Noriko Matsueda (FFX-2 OST !) a elle aussi participé au projet, en composant le thème des boss ! N’imaginez donc pas pour autant qu’il s’agit d’un travail d’équipe, Mitsuda est le créateur seul de cet OSV.
Disque 1 :
01-A Premonition : Un bruit de pendule… une pendule… une représentation du temps dans son plus simple appareil. Le début de cet OSV est plus allégorique qu’autre chose, exactement comme l’OST de FF10 avec le monologue de Tidus en intro. Comme il s’agit ici de temps, disons qu’il passe vite et qu’il nous précipite déjà vers la suite.
02-Chrono Trigger : Le thème de Chrono ? Le thème principal ? Vraisemblablement les deux, c’est pour cela que Chrono Trigger est deux fois excellent… après tout, il porte le nom du jeu !… La Vaillance est maître mot pour un passage du jeu où le héros se jette à corps perdu dans l’aventure, ou pour un autre événement pas moins audacieux. Et pour de telles mises en scène, il fallait LA musique qui dépote, celle qui révèle tout le potentiel du jeu. Mitsuda a su donner forme à ce vent d’ambition, en composant la mélodie qu’il fallait, entourée d’une introduction et d’un final spectaculaires ! D’ailleurs la fin est si je ne m’abuse exclusive à l’OSV, on ne l’entend jamais pendant le jeu. Quelle délicate attention envers l’album ! Chrono Trigger n’en est que plus parfait !
03-Morning Sunlight : Jolie musique pour accompagner le réveil de Chrono, le héros du jeu. Depuis FF4, Square a su dompter les capacités sonores de la SNES et Chrono Trigger est l’heureux bénéficiaire de cette évolution, Morning Sunlight était par exemple inimaginable dans FF4 et FF5, voire peut-être dans beaucoup d’autres jeux de la console. Progressivement dans la critique, nous constaterons à quel point la SNES est imprévisible.
04-Peaceful Days : Cet OSV est bien une bande-son originale de RPG : on y retrouve toute la recette. Peaceful Days est la musique de village de Chrono Trigger, par exemple. La mélodie y est extrêmement franche, ce qui est rare dans cette catégorie de morceaux. En plus, elle est très bien, et joue son rôle sans défaut. Mais quelles musiques relèvent vraiment la barre dans leur propre catégorie ?
05-Memories of Green : Comme une majorité des thèmes de carte du monde, Memories of Green est formé sur le thème principal. La mélodie semble carrément changer d’identité. Loin de l’épique thème principal qui prônait le courage et l’esprit d’aventure, cette même mélodie prend ici une tournure amère et mélancolique. Contexte oblige, elle est également plus poétique. Sans cela, elle n’aurait peut-être pas été aussi appréciable que la version principale, mais comme c’est le cas, on peut féliciter Yasunori Mitsuda d’avoir réussi son coup. Memories of Green est une très jolie musique, qui annonce de par ses airs tendus quelque chose de sérieux à l’avenir… ou dans le passé. Dans le cas de Chrono Trigger, c’est les deux. Comme l’an 1000 est une période tranquille entre deux époques mouvementées, la musique interprète son désarroi, traduit par une isolation assumée. C’est en tout cas mon hypothèse.
06-Guardia Millenial Fair : Pour la place des fêtes, une musique optimiste et joyeuse se fait entendre. Aurait-il pu en être autrement ? Non. Ce qui est bien, c’est surtout que le morceau est d’une qualité certaine, moins banal que ce à quoi on aurait pu s’attendre. Et la qualité des sons… ici nous avons la preuve que les capacités sonores de la console sont parfaitement maîtrisées.
07-Gonzalez's Song : La chansonnette du chat-robot ! Elle fait partie de ces thèmes courts qui utilisent leur durée limitée à leur avantage. Gonzalez’s Song n’a pas besoin d’être plus long, on adore dès son lancement car la mélodie est entraînante et le rythme accrocheur (l’inverse fonctionne aussi^^) et ainsi, le court instant de plaisir produit son effet spontanément, sans chercher dans la longueur. Et encore, je ne vous parle là que de ma position concernant l’OST !
08-A Strange Happening : Les ennuis commencent, oui ! Les richesses du futur et surtout du passé seront bientôt à portée d’oreille ! A Strange Happening nous ouvre la voie vers le danger, et en tant que joueurs nous le savons bien, c’est le danger qui nous plaît ! Mais qu’en est-il de cette musique ?… C’est inévitable, elle est surtout là pour annoncer la suite, ce qui la rend indirectement inexistante. Pourtant je ferai une exception : c’est un très bon morceau pour apporter la tension, il sonne bien.
09-Wind Scene : Je vous le dis tout de suite : l’an 600 dispose des meilleures musiques ! On entend à cette époque tous les meilleurs morceaux de l’OST, de même que les péripéties du scénario qui y jaillissent à profusion. Wind Scene peut se targuer d’ouvrir cette grande étape, et il en a le mérite, car ce thème est splendide. Dès les premières notes de la mélodie, appuyée par une basse des plus bienvenues, on s’accroche très vite à cet instant précieux, qui sonne merveilleusement bien. Un peu comme Gonzalez’s Song, ce moment est bien éphémère, car vite ce duo se dissipe pour un groupe d’instruments très différent. Progressivement, la mélodie prend une tournure de grandeur saisissante, elle s’élève et s’épaissit inexorablement jusqu’à un point démesuré… avant que le début n’éclipse tout, comme ça, brutalement, mais avec une efficacité prodigieuse. On fête le retour de la première partie, infiniment géniale, puis l’on retrouve la seconde, majestueuse au possible, et ainsi de suite… L’alternance insuffle à Wind Scene un style tout à fait exceptionnel, aussi brillant que virtuose. C’est un thème de carte du monde vraiment magique, qui a le don de ne pas se faire prier pour se laisser apprivoiser par l’auditeur.
10-Goodnight : Une petite pause, et c’est reparti.
11-Secret of the Forest : A l’inverse, Secret of the Forest est une musique moins spontanée, moins directe, ce qui rejoint le style de Mitsuda pour ses futurs travaux. Cette absence de spontanéité est néanmoins justifiée : c’est l’harmonie d’une forêt qui est mise en scène ici. Un jeu trop mélodique aurait été peu convenu. Mitsuda prouve bien avant Chrono Cross et Xenogears qu’il sait créer une atmosphère ; et une atmosphère de qualité, car l’on perçoit vite le dégagement d’une ambiance style Forêt mystérieuse avec la faune espiègle et les rayons de lumière perçant la couche de feuillages. Pas besoin de jouer à CT pour le ressentir.
12-Battle 1 : Cet OSV est explicite : inutile de chercher loin pour trouver les repères caractéristiques aux OST de RPG ! La musique de combat de Chrono Trigger est une réussite, à ne pas en douter. Sa structure est simple, on en fait rapidement le tour, mais elle est efficace dans le jeu comme en dehors. Mitsuda a préféré la modestie, la simplicité, en créant le passe-partout qui s’adapte à toutes les circonstances, époques comprises. Mais que se serait-il passé s’il avait opté pour Le risque ?…
13-Guardia Castle ~ Courage and Pride : Tous les clichés y passent ! On sort du thème des combats pour celui des châteaux… enfin du château en ce qui concerne Chrono Trigger. C’est simple, Mitsuda a réussi tous ses passages. Dans CT OST, c’est finalement l’élite que l’on recherche, puisqu’il n’y a aucun point faible. Je n’irais pas jusqu’à dire que Guardia Castle fait partie de ce groupe de morceaux au-dessus du reste, mais j’en ai très envie. La qualité de ces morceaux est irréprochable, comment émettre la moindre critique ? Guardia Castle sonne si bien, il n’y a pas le moindre faux pas. Mention spéciale à 00:52, passage que j’affectionne particulièrement pour son exaltante intensité.
14-Huh?! : Encore une petite pause…
15-Manoria Cathedral : Je ne saurais dire jusqu’à quel point va la profondeur de cette musique. Toujours est-il que lorsque je l’ai entendue pour la première fois en jouant, elle m’a arraché le cœur ! Je ne comprends pas qu’aussi peu de monde ait été touché par sa magnificence. Manoria Cathedral est la splendeur incarnée, l’intervention physique de toute une panoplie d’impressions, de ressentis oniriques qui touchent à l’imagination. A moins que Mitsuda ait simplement voulu retranscrire l’ambiance d’une cathédrale, mais je doute qu’il se soit cantonné à si peu… Non ce morceau est vrai, sincère, puissant, il recèle le miracle du pouvoir de la musique : donner une forme physique à l’impalpable. C’est dément !
16-A Prayer to the Road That Leads... : Et rebelote, encore une pause ! Mais celle-ci claque : trois longues notes à l’orgue, et Manoria Cathedral trouve sa version courte idéale.
17-Silent Light : Voila la première intervention de Uematsu dans l’OSV. Dans Silent Light comme dans les morceaux qu’il a composés pour Chrono Trigger, il y a un important jeu de basse qui fait toute la différence. Ma foi le titre de la musique est bien choisi : l’air est sombre, mais pas vraiment dark comme on l’entend, et la relative sérénité qui émane de la lueur engendre une fébrilité, une vibration faible et opprimante qui maintenant la faible lumière sous silence. Dans le jeu, le ressenti n’est pas le même, mais la métaphore s’applique quand même ; je me souviens principalement d’un village en l’an 1000 dont les habitants nourrissent un certain dégoût pour les humains, malgré leur vie pacifique. Uematsu a perçu tout cela, il a créé Silent Light, une musique d’ambiance comblée de sens. Une réussite.
18-Boss Battle 1 : Unique prestation de Noriko Matsueda pour Chrono Trigger, le Boss Battle du jeu est une réussite. Sa trame mélodique est impressionnante : il n’y a aucun temps de pause, tout s’enchaîne très rapidement, et bien sûr ce n’est pas un défaut ! La mélodie est si bien menée, et bien assistée par le rythme, qu’elle ne s’essouffle jamais, et est reprise de volée à la fin pour éviter justement le souci de la longueur inutile. Les combats prennent une intensité remarquable, sans jamais accéder à des instants plus pompeux qu’il ne faut. Bien joué Matsueda !
19-Frog's Theme : Voici la piste que je préfère de tout l’OSV. Ceux qui connaissent le thème de Gren me comprendront ! Cette musique est GENIALE ! D’où Mitsuda a-t-il puisé son inspiration pour donner à une grenouille un thème aussi démentiel ? Enfin, quand je dis grenouille, je n’oublie pas qu’une âme de chevalier y réside, et c’est certainement de ce paradoxe qu’est née cette musique aussi originale. Le rythme est purement héroïque, et le son de la mélodie est très cocasse, il paraît invraisemblable que le mélange des deux soit aussi réussi. Et pourtant, à l’instar du personnage de Gren, l’effet du paradoxe a un effet miraculeux sur son thème. C’est ainsi, c’est le talent désormais réel de Mitsuda qui a rendu l’émulsion possible. C’est une ode à tous les braves dont le physique n’entrave pas la gloire.
20-Fanfare 1 : Ce que beaucoup considèrent comme le thème de Lucca est en vérité une fanfare de victoire on ne peut plus normale, quoique celle de Chrono Trigger soit loin d’être anecdotique. Au contraire, il est indiscutablement au niveau du célèbre Victory Fanfare de FF, même s’il ne sera jamais aussi culte !
21-The Trial : La musique d’un procès sans queue ni tête. Mitsuda en fait plus que ce qu’on lui demande^^ La musique est longue, et aucun passage n’est raté. La deuxième partie est même assez imposante, c’est inattendu vu le contexte du jeu.
22-The Hidden Truth : Avec une ouverture aussi géante, on s’attendait à au moins le passage culminant du jeu ! Il n’en est rien, pas plus que le passage du jeu où l’on entend The Trial. Mitsuda avait envie de faire un exploit ou cherchait-il à obtenir une augmentation ?
23-A Shot of Crisis : Eh non, même dans Chrono Trigger on n’échappe pas au traditionnel « Run! ». Il marque la fin du premier disque et la chute vers une époque où le monde n’est plus que l’ombre de lui-même… Une nouvelle ambiance musicale, en somme…
Disque 2 :
01-Ruined World : Le futur et sa musique… Là nous pouvons vraiment le dire : c’était mieux avant ! Passée cette note d’humour grotesque, songeons au travail exigé par Mitsuda pour cette époque sombre où aucune perspective d’avenir n’est envisagée. La planète est ravagée, stérile, et le peu de survivants errent comme des cadavres dans les ruines servant d’abri de fortune. Le décor est planté, il ne reste plus qu’à composer la musique qui donnera forme à cette ambiance. Une lourde tâche incombe à Yasunori, le ressenti du joueur doit être parfait dans cette phase du jeu, et la musique y contribue grandement. Ruined World est un modèle de perfection à ce niveau. Le jeu des bruitages est bien trouvé, et il est très dominant. C’est normal, la mélodie est un signe de vie, et comme il y en a peu dans le futur, elle est quasiment absente. Comme je l’ai dit à la première ligne, c’était mieux avant, car si les musiques de moyen-âge étaient plaisantes à écouter, celles du futur ne le sont pas, ambiance du jeu oblige.
02-Mystery of the Past : Cette petite musique est signe que vous n’avez pas rempli les conditions nécessaires pour ouvrir tel coffre ou telle porte. Pour ouvrir un trésor d’une certaine époque, il faut trouver la clé à cette même époque…
03-Dome-16's Ruin : Une musique de donjon, basée sur la mélodie de Ruined World. Cette fois-ci, elle paraît plus vivante, peut-être car il s’agit d’un repère de monstres, alors que la carte du monde est exempte de tout être vivant.
04-People Who Threw Away the Will to Live : Cette époque terrifiante vécue par l’être humain. Les gens ont abandonné la volonté de vivre, et attendent la mort pour s’affranchir de leur souffrance. Quand il n’y a plus d’espoir, il n’y en a vraiment plus. Chrono Trigger est un jeu marquant car il sait transmettre au joueur des sentiments forts, positifs et négatifs. Nobuo Uematsu a composé cette musique, et je trouve qu’il n’a pas su relayer l’ambiance de l’an 2300 aussi bien que Mitsuda. Le morceau reste bon et adapté au jeu, mais elle est loin d’être aussi marquante que Ruined World.
05-Lavos' Theme : Ouah ! Un thème de méchant de cinq minutes ! On croirait presque à un FF avec ce style de mélodie, courte et à raison de deux à trois notes répétées par variante. Mais Lavos’ Theme emprunte une voie moins conventionnelle ; rapidement une ambiance au silence terrifiant remplace la lourdeur de l’orgue. Cela ressemble à une surenchère psychotique, la deuxième partie surclasse la première. Mais elles n’ont pas toutes les deux le même objectif, même si l’enchaînement reste progressif, chronologique, avec la montée de la terreur. Donc la première partie interprète l’arrivée de Lavos, et vu la carrure du monstre, on ne pouvait pas imaginer le son d’une flûte où d’un triangle, l’orgue est donc tout trouvé. La seconde soulève la menace qui suit son apparition, celle de détruire le monde. L’issue d’une menace pouvant être longue à arriver, celle de Lavos tend à durer et c’est ce qui rend ce passage si long et oppressant : l’attente est insupportable. On sait qu’on va mourir, mais on ne sait pas quand ni comment. La troisième partie est ce qui fait l’originalité de ce thème. Cette mélodie douce et touchante est, à mon sens, l’interprétation d’une population condamnée. Hommes, femmes, enfants ainsi que tout être vivant mourront sous l’attaque de Lavos, alors ils implorent le miracle dans leur désespoir. Leur détresse est alors étouffée avec une quatrième partie, où des percussions et une mélodie à nouveau oppressante confirment définitivement que plus aucun espoir n’est permis. Lavos va exécuter son génocide malgré la demande de grâce des humains. Et il l’a fait, le joueur en verra la conséquence. Mitsuda réalise là un air métaphorique monumental, qui prend une ampleur phénoménale pendant et hors du jeu.
06-The Day the World Revived : La troisième partie possède sa piste pour elle seule, l’avantage en est que cette piste troublante prend immédiatement effet. Mais sans le thème de Lavos autour, The Day the World Revived n’a pas la même saveur, heureusement que le son utilisé sauve la mise. Le titre est bien trouvé car le jour où le monde a ressuscité est aussi celui où il est mort, donc même si à ce niveau du jeu le monde n’est pas prêt de revivre, il est en réalité déjà sauvé par un nouveau futur. Comme on a connu le monde sous les feux de Lavos, on peut prendre son sauvetage comme une résurrection.
07-Robo Gang Johnny : Ah que les robots de l’an 2300 ne vivent pas le désespoir des humains, eux ! Un peu de gaieté et de légèreté dans ce monde trop sérieux. Rien d’exceptionnel dans ce thème, mais cela nous change de l’ambiance apocalyptique de ce début de CD2.
08-Bike Chase : Uematsu signe ici une musique pour la course à moto entre Johnny et Chrono (Chrono ne doit pas avoir de souci quand il fait une course contre la montre… aïe c’est sorti !). Le thème est court mais bougrement sympa. J’ai une admiration envers ce passage au synthé de la neuvième seconde, cela fait partie de ces coups de cœur que je ne peux expliquer.
09-Robo's Theme : Le thème de Robo le robot (je suis d’humeur comique aujourd’hui). Sans surprise, Mitsuda a employé des sons mécaniques pour construire le rythme, mais la surprise vient en la façon de jouer la mélodie… elle est purement mécanique elle aussi ! L’effet n’est pas flagrant, mais avec le recul et le fait de penser qu’un air plus classique n’aurait pas convenu à Robo, on reconnaît le bon sens de Mitsuda.
10-Remains of Factory : Ce thème d’ambiance à l’attention des usines de l’an 2300 est très bon. Le ton employé est moderne, et un peu rébarbatif… comme le travail des usines ! On l’entend aussi dans l’arène inter-dimensionnel de la version DS du jeu, j’en ai plus le souvenir que celui du dôme exploré en l’an 2300.
11-Battle 2 (Unreleased) : Voilà la musique qui aurait été celle des combats si Mitsuda avait pris LE risque. A son écoute, beaucoup de joueurs ont répondu avec la réaction suivante : « Mais pourquoi ne pas avoir gardé celle-là pour les combats ?? ». Et je les comprends, cette musique de combat est meilleure que le Battle 1, bien meilleure ! Il ne fait pas le poids à côté de cette mélodie frénétique qui danse dans le creux de notre oreille, elle communique au joueur un esprit de combativité avec plus efficacité que bien des thèmes de combats dits ‘normaux’. Alors pourquoi ne pas l’avoir gardée ? Je crois qu’un test comparatif en plein jeu devrait expliquer le choix de Mitsuda (ou de Square ?), et l’on prend alors LE risque beaucoup plus au sérieux. Ce triste manque à l’appel ne sera pallié que treize ans plus tard ! D’ailleurs, drôle de hasard : la musique de combat de l’arène se trouve juste après le thème d’ambiance de cette même arène, alors que l’OSV existe depuis bien avant la version DS ! De plus, ce morceau n’existe pas dans le jeu original, ce qui signifie qu’il aurait pu être situé partout dans l’album, et il a été placé ici ! Etrange… Oh après tout, c’est Chrono Trigger, le jeu où le voyage dans le temps est possible, donc qui sait…
12-Fanfare 2 : Il y a deux autres fanfares autre que le pseudo-« thème de Lucca », mais il ne s’agit cette fois que de jingles, donc sans intérêt particulier à y attacher.
13-The Brink of Time : Cette nouvelle musique d’ambiance n’en est pas vraiment une, elle est plus que cela. Et pour cause : c’est la musique de la Fin des Temps, un espace inter-dimensionnel où le temps n’existe pour ainsi dire pas. Et à lieu particulier, musique particulière, donc loin de la banale musique d’ambiance. Mitsuda y a donc accordé un soin qui rentre dans le domaine de la finesse : calme, mélodieux, délicat, subtil… pas une note au-dessus de l’autre, juste un horizon paisible sans vague. Les soucis, le malheur, l’aventure, l’exaltation… plus rien ne se manifeste car tout se suspend avec le temps. Mitsuda a une fois de plus réussi à mettre en musique cette véritable philosophie de vie, bravo à lui.
14-Delightful Spekkio : Ce petit air espiègle donne un peu de vie à l’étrange Fin des temps, mais aussi sur ce CD qui manque cruellement d’exotisme. Delightful Spekkio n’est pas spécifiquement intéressant mais il a son utilité !
15-Fanfare 3 : Une fanfare on ne peut plus classique qui ressemble beaucoup à son prédécesseur. Que dire d’autre ? Pouet ?
16-Underground Sewer : Un air de FF6 plane au-dessus de cet OSV…, Magic House es-tu là ? Nobuo a apporté son propre matos ?? C’est la question qui se pose, tant les sonorités se ressemblent. Et je ne parle pas du style… IDENTIQUE ! Les deux monuments du RPG sur SNES sont presque connectés l’un à l’autre avec cette musique ! Enfin ce serait lui accorder trop d’importance, Underground Sewer n’est qu’un simple air pour les égouts de l’an 2300.
17-Boss Battle 2 : Non cette fois cette musique est bien dans le jeu… et tant mieux ! Mitsuda a opté pour le sens épique, ce qui change des précédentes musiques de combat déjà entendues jusqu’ici. Comme à toutes ses interventions dans l’OSV, le son de trompette fait mouche. Elle interprète la mélodie avec beaucoup de classe, aucun autre instrument n'aurait pu jouer cet air splendide mieux qu’elle. Aux premiers abords, il y a comme une absence de consistance, un vide persistant, Boss Battle 2 paraît vraiment en manque de soutien et d’atmosphère car malgré tous ses composants, il semble manquer quelque chose. Mais on atténuera vite le défaut avec deux arguments : d’abord la mélodie est tellement mise en avant qu’elle comble cet éventuel vide et, au fond, n’est-ce pas simplement son style ? Yasunori Mitsuda joue avec les effets, et crée l’alchimie qui donne des résultats comme celui que nous avons ici. C’est donc un compositeur friand de défi, et c’est signe qu’on ne s’ennuiera jamais avec lui.
18-Primitive Mountain : Nouvelle époque, nouvelles couleurs… celles de la préhistoire. Nobuo Uematsu emboîte le pas avec une musique vouée aux ‘montagnes primitives’. J’ai du mal à imaginer quel genre de musique pourrait coller avec ce décor, mais Uematsu n’a pas eu autant de mal que moi. Il a composé un morceau hybride entre rythme et mélodie, cette dernière étant courte et répétitive, on peut l’assimiler à un rythme. Primitive Mountain est efficace pendant le jeu, et même plus, la dernière partie du morceau apporte quelque chose de spécial à l’ambiance. Il faut y jouer pour le ressentir, c’est assez singulier.
19-Ayla's Theme : C’est drôle, l’arrière-fond qui se lance après un bref jeu de batterie m’a toujours fait penser au style ‘générique d’une série des années 70’. Quelqu’un pourrait m’éclairer à ce sujet ? En tout cas, la mélodie est fun, en parfait adéquation avec ce rythme rocambolesque. Ayla a quand même un drôle de thème… Drôle de personnage !
20-Rhythm of Wind, Sky, and Earth : Nous avons là une musique tribale dans sa plus simple composition : du rythme… et c’est tout ! L’effet est original quand le morceau est joué sur la carte du monde ; elle devient conviviale, fermée à tous dangers. Il est rare d’entendre du tam-tam dans de la musique de jeu vidéo, il faut vraiment que la situation s’y prête, comme ici. Les différentes parties de ce morceau sont faciles à distinguer, et leur transition est toujours amusante à entendre, voilà qui donne de l’intérêt à l’écoute de Rhythm of Wind, Sky and Earth ! Enfin il faut se contenter de peu. Je préfère m’adonner à d’autres parts du contenu de cet OSV, comme ce qui viendra bientôt.
21-Burn! Bobonga! : Ici, ce sont les sons employés qui constituent l’intérêt d’écouter Burn! Bobonga!. Ils sont originaux, bien fignolés par la mélodie. Avec le rythme du contexte en arrière-fond, on obtient un joli coktail de danse tribal. Enfin je n’en ferai pas un plat, Uematsu nous réserve de biens meilleures surprises.
22-Magus' Castle : Voilà une belle entrée en matière pour un des plus grands passages du jeu, et de l’OST. Cette fin de CD, qui n’a pas gâté nos oreilles d’auditeurs jusque là, prépare un mets des plus fins pour goûter à nouveau aux joies de la bonne musique. Le thème de Magus inspire doucement ici, sur fond post-apocalyptique. De quoi faire frémir !
23-Confusing Melody : Cette musique d’ambiance en impose. En vérité il n’y a rien de vraiment grandiose mais l’atmosphère est bien là, plus pesante que jamais. Les gémissements en fond donnent un ton encore plus glauque, et plus original sur le contexte musical. Confusing Melody entonne l’air d’un duel au sommet.
24-Battle With Magus : Après une période de vaches maigres, voilà THE musique qui va vous faire oublier la pauvreté de ce CD2. Le thème de combat contre Magus est, je pense, la meilleure musique du genre de tout l’album, car elle jouit de quelque chose que les autres musiques de combat n’ont pas : le subtil mélange originalité/intensité. Nous sommes devant le fait accompli : rien que l’introduction jouée façon western annonce la couleur. Ce qui vient après n’est autre que le résultat attendu après cet intense moment de suspense. Ce qui vient, c’est l’image de la valse du croisement de fer qui danse sous l’orgueil de l’adversaire (cf. les gémissements), et qui brûle d’ambition en la bravoure des héros (2ème cf. le passage à 00:48). Et, outre cette nouvelle et brillante démonstration de la musique métaphorique, on ne peut que s’incliner face à cette réussite sur le plan purement sonore. L’éclatement à la 24e seconde et la susnommée transition à la 48e sont d’autant de bribes de perfection que Battle With Magus avec ses deux étoiles : l’une accordée pour son jeu allégorique qui remplace toutes les paroles du monde, et l’autre pour la pure et simple qualité musical supplantant les limites sonores de la console. Et j’en rajouterais même une troisième pour être parvenu à rassembler les deux sur une même pièce. C’est Mitsuda dans toute sa splendeur, en tout cas pour Chrono Trigger.
Disque 3 :
01-Singing Mountain (unreleased track) : Amorçons maintenant le meilleur CD de Chrono Trigger OSV ! Eh oui il y a mieux que le premier disque, si si ! Singing Mountain montre que parfois, les morceaux dits ‘unreleased’ ne sont pas à leur place ! Yasunori a composé là un fort beau thème originellement destiné aux montagnes enneigées du jeu, et la mouture DS avec ses nouveaux donjons lui laissèrent enfin l’opportunité de se faire entendre auprès des joueurs. Mais les mélomanes assidus n’ont pas attendu 13 ans pour entendre cette douceur qui prend au cœur. Impossible de lutter, dès que la mélodie commence on n’a d’oreilles plus que pour elle. La structure délicatement cousue crée une harmonie des plus enivrantes, et la mélodie a tantôt fait de la pérenniser sur deux minutes de grande émotion. Les montagnes couvertes de neige ont-elles autant de charisme pour inspirer à ce point là ?
02-Tyran Castle : Uematsu a frappé ! Et ça donne une musique de donjon démente ! Ce savoureux solo à l’orgue, bon sang que c’est bon ! Ce revirement soudain à 00:32 est infiniment GENIAL, et sur un filet traîné en longueur, deux coups de batterie, un silence complet… bam toute la troupe se met en marche ! Enfin quand je dis toute la troupe, je vois un peu grand, il s’agit juste d’un seul son avec quelque accompagnement. Mais cette façon d’être joué, doublée par une mélodie de folie, cela crée quelque chose de géant. Bravo à Uematsu pour ce délire qui fait plaisir !
03-At the Bottom of Night : La SNES domine ses faiblesses techniques avec cette exploitation sonore des plus creusées. At The Bottom of Night touche les étoiles sans aucun obstacle, il s’élève peu à peu sans que rien ne vienne interrompre son ascension vers les constellations. On se laisse irrémédiablement emporter avec lui, lui dont l’air de folie sait palper l’émotion avec une irrévocable aisance. Je ne sais quel autre recours employer à part cette petite tirade pour exprimer l’efficacité véridique de ce morceau mélo-dramatique. Vous avez déjà compris que j’ai trouvé dans celui-ci la musique la plus belle de cet album. Je n’ai rien d’autre à dire, en exprimer plus serait atténuer mes propos admiratifs déjà inscrits dans cet article.
04-Corridors of Time : L’inspiration de Mitsuda est allée loin. Dans le cas de CT, elle est allée jusqu’à la période de l’Antiquité où contes médiévaux et mystères de la science-fiction fusionnent. L’Antiquité est mon époque préférée du jeu et à en juger le travail de Mitsuda dessus, c’est vraisemblablement son cas aussi. L’an 600 avait enchaîné les perles, le futur brillait de son atmosphère unique… mais l’Antiquité, c’est encore autre chose. C’est l’avènement d’un nouveau genre musical que l’originalité de l’univers présageait, et qui exigeait de Mitsuda de recourir à sa créativité pour ne pas rater le coche. A mon goût, il a parfaitement rempli sa fonction, et avec classe ! Corridors of Time est une oeuvre fantastique, originale et difficile à assimiler à d’autres musiques de jeux. Le parfum de fraîcheur et d’exotisme qui s’en dégage est imprégné d’un charme indescriptible, vraiment rien ne peut entraver l’attirance qu’un auditeur peut éprouver pour ce morceau. J’ai du mal à concevoir qu’on puisse ne pas l’apprécier !
05-Zeal Palace : Poursuivons dans l’utopique avec cette musique imposante. Elle l’est surtout physiquement, et doublement puisque venant de la SNES, c’est tout à fait déconcertant. L’envergure du fond rythmique et ambiant lui donne tout son sens, jusqu’à l’arrivée de la deuxième partie qui fait plutôt décliner ce mouvement de force. Cette seconde partie est décevante de par cette cassure qui, à mon avis, n’avait pas lieu d’être. Mais au moins, Zeal Palace se fait original, il ne l’aurait pas été sans l’intervention de cette rupture. Et de toute façon, l’effet produit dans le jeu est bénéfique, car un relief s’ajoute sur les séquences où la musique se fait entendre.
06-Schala's Theme : Le thème de Schala (ou Sarah en français) ressemble presque à un prolongement de Corridors of Time. Nous sommes toujours en Antiquité, et un air de féminité s’ajoute à l’ambiance déjà bien rodée. Le résultat s’appelle Schala’s Theme, un thème de personnage féminin aux airs mystiques et au charme impitoyable. Tout s’accorde dans une harmonie parfaite, et tout sent bon la fleur d’une saison surnaturelle. La mélodie invite chaleureusement à nous étendre sur un lit, un lit onirique où le repos accorde les songes les plus vertueux qui soient, et le fond exotique nous procure les mêmes sensations que Corridors of Time : une fraîcheur qui nous offre l’évasion. En clair, ce thème nous pousse plus à méditer qu’à représenter le personnage de Sarah, mais disons-le clairement : pour un thème de personnage secondaire, ça va très loin. Mitsuda va jusqu’au bout de ses convictions, et ce à l’aide d’une inspiration débordante que l’époque de l’Antiquité semble lui avoir communiquée.
07-Sealed Door : C’est avec beaucoup de douleur que nous sommes ramenés de force sur terre. Fini les orgies ambiantes de l’an –12000, la réalité de l’an 2300 nous accable à nouveau de sa tragédie. Sealed Door m’a beaucoup troublé lors de ma première partie de CT, et aujourd’hui elle me rappelle la triste histoire d’un des sages de l’Antiquité qui, prisonnier de cette époque stérile après l’incident, tenta désespérément de s’enfuir en bâtissant une machine à voyager dans le temps. Mais ses forces se vidèrent progressivement, et il périt alors que sa création était enfin prête. Il la laissera en héritage à nos héros dans un dernier effort. Nobuo Uematsu, pour sa dernière présence dans l’OSV, signe ici une musique émouvante qui témoigne avec douleur de la triste histoire d’un errant qui a tout perdu. Sealed Door pèse d’ailleurs beaucoup sur le passage du jeu grâce à la froideur du décor et à la sinistre atmosphère de l’an 2300, mais aussi grâce au scénario car la venue de Chrono et ses amis est le premier geste d’un espoir de résurrection ; et le jeu fébrile de certains sons laisse légèrement entrevoir ces étincelles d’espoir. Tout n’est donc pas perdu, et le sage le savait : le désespoir absolu n’existe pas.
08-Undersea Palace : Retour à l’acte ! Le palais sous-marin, donjon au vénérable level-design, invoque pour son compte un thème moderne mais pesant. Peu de mélodies à signaler, mais Mitsuda persiste dans la complexité du fond rythmique, qui donne tout le style aux musiques de l’Antiquité. Mais en dehors du jeu, j’ai un peu de mal à adhérer à Undersea Palace. Je ne sais pas si c’est dû au manque de mélodie, mais je trouve qu’il y a plus intéressant dans cet OSV.
09-Chrono and Marle ~ Far Off Promise : Une boîte à musique. Il n’y a pas grand-chose à dire là-dessus, c’est simplement… joli. Pourtant, je sais que cela prend un sens plus large dans le jeu, mais non je ne trouve pas plus à dire dessus.
10-Epoch ~ Wings That Cross Time : Il a mis le temps mais c’est maintenant chose faite : voici le thème de vaisseau de Chrono Trigger ! Et le jeu n’a rien à envier à ceux déjà connus. Ce morceau est très frais et surtout très optimiste. Dans le jeu, c’est l’idéal pour couper court aux ambiances des différents univers qui pèsent trop sur le moral. Avec la fin des temps, l’Ibis est presque un refuge pour échapper à l’hostilité du monde, il convient que cette musique conforte cette idée, et c’est vraiment le cas. Nous avons là un thème vraiment cool, dans la lignée de que ce nous connaissons dans FF, mais avec le brin d’originalité de Chrono Trigger en plus. La DeLorean fait pâle figure à côté !
11-Black Dream : Autre étape de la bande-originale du RPG-type : la musique du dernier donjon du jeu ! En l’occurrence, le Songe Obscur ici. Yasunori a concocté à cet effet un air plutôt efficace. La qualité sonore n’en finit pas d’impressionner : le piano semble plus vrai que nature, c’est effarant. Avec l’excellente maîtrise des percussions, on obtient un cocktail parfait. Ne reste qu’un synthé plus baveux à la cinquantième seconde, mais avec un jeu instrumental aussi fin, il se fond finalement assez bien à l’ensemble. Le défaut passe inaperçu. On n’y pense même pas pour tout dire, le piano mène trop bien son rôle pour qu’on aille voir ailleurs. Car si la qualité sonore est irréprochable, le fond de Black Dream n’en abuse pas, au contraire il contribue partiellement à la réussite de la forme sonore. L’harmonie est maîtrisée, Black Dream est aussi propre qu’un boîtier de jeu vidéo qu’on déballe, et pour aller au bout de ma comparaison, je dirais même qu’on y ressent beaucoup de plaisir.
12-Determination : C’est sur une des scènes les plus mirobolantes du jeu que l’on peut entendre cette variante du thème principal. Beaucoup d’éléments de Chrono Trigger y sont repris, et pas seulement la mélodie. En fait, on croirait presque à une simple recomposition de sa structure, puisque les sonorités sont parfaitement similaires ! Mais Determination est plus court, et vis-à-vis de l’OSV, on peut presque le prendre pour un prologue… un prologue à ceci :
13-World Revolution : Le boss final ! Ainsi nous voilà déjà prêts à combattre le parasite ! Celui-ci est à battre sur un total de trois combats, et le premier d’entre eux se déroule sur le thème de Chrono Trigger lui-même, tel qu’on l’entend sur le CD1. World Revolution donne le départ du second combat, et avec cette tonalité, l’ambiance devient nettement moins désinvolte. Les prémices de la bataille sonnent lourdement au début du morceau, avant qu’un rythme satanique appuyé par un orgue dégage la piste pour l’affrontement. A ce point de non-retour, l’intervention de la trompette se fait plutôt remarquer. Elle magnifie l’ensemble avec une mélodie, qu’elle joue avec beaucoup de classe. Une alternance se met alors en place, renforçant tour à tour le clash entre ces deux parties, ce qui rend peu à peu la bataille plus soutenue. Après ces hostilités, un curieux clin d’œil à Memories of Green se fait entendre. Artistiquement, World Revolution prend un galon supplémentaire avec ce nouveau passage, mais j’ai du mal à comprendre le réel intérêt d’avoir inséré une mélodie aussi peu convenue au cœur de cette furie. Peut-être le bruit de la nature qui vient aider nos héros à combattre leur ennemi commun ? Si c’est le cas, ou même si ça ne l’est pas, cette musique est vraiment réussie. Globalement touts les ingrédients d’un Final Battle idéal sont là.
14-Last Battle : Combaaaaat !! Si Last Battle avait commencé à la sixième seconde, on se serait immédiatement cru être en boîte de nuit ; mais non le rugissement répugnant du parasite ouvre la marche. Curieuse ouverture, il est vrai, mais on ne l’imagine plus séparé du reste maintenant, cela ferait un vide dérangeant. En tout cas, l’immersion est totale. Ce rythme techno, qui rebondit de gauche à droite et inversement, enveloppe la pièce pour peu que vos enceintes soient bien réparties. Quand la batterie se lance à mi-chemin, on s’enfonce encore un peu plus dans l’orgie, et une fois supplémentaire encore, à 01:19, avec un synthé qui se dévoue pour cette expansion sonore phénoménale. En plein jeu, c’est le pied, le combat prend une ampleur qui vous fait oublier le reste, et en dehors, cela devient une expérience musicale à tenter, rien que pour le plaisir de se livrer soi-même aux démons de la musique. Finalement, l’ambiance boîte de nuit n’est plus si loin !! C’est pourquoi j’aime ce Last Battle. Il n’a peut-être pas les mêmes qualités que ses homologues dans d’autres RPG, mais il a les siennes, que j’apprécie énormément. Avez-vous déjà tenté l’expérience ? Si non, je vous souhaite sincèrement de l’essayer !
15-First Festival of Stars : On se voit renvoyé à Guardia Millenium Fair, tout à coup. Qu’on nous épargne un blâme pour cette remarque, les sonorités sont directement reprises de la piste 06 du CD1, et certaines mélodies sont belles et bien de retour. Dans le jeu, après la victoire contre le parasite, ce nouvelle vision de la place des fêtes de Guardia est toute bienvenue, au moins Mitsuda ne s’est pas contenté de nous ressortir la première version. Après, dans l’OST, c’est tout au plus sympathique…
16-Epilogue - To Good Friends : La promesse lointaine prend du galon avec une nouvelle version plus peaufinée. Il y a toujours la boîte à musique, mais au bout d’un tour, une suite inédite prend le relais. Il y a encore rien de vraiment notable pour dire vrai, mais au moins, l’ajout de ce nouveau passage rend la piste plus aboutie. Un peu plus.
17-To Far Away Times : Après ces quelques égarements, nous voici à l’Ending Theme de Chrono Trigger ! Mitsuda termine sa première œuvre chez Square en beauté. Certes le rythme est celui de Corridors of Time, mais sa nouvelle version est clinquante, et surtout, la nouvelle mélodie est formidable ! Elle est de nature très bien ficelée (le genre à ne pas sortir de votre tête avant un moment), et joué sur un aussi bon rythme ; nous obtenons là un travail du plus haut soin. La fluidité de l’harmonie offre une écoute très confortable, et les passages alternatifs gonflent cette flexibilité déjà très convaincante. Une transition, à 02 38, débouche sur un déclin qui annonce déjà la fin, mais sans rompre cette souplesse de son. Au contraire, la finesse du morceau est encore relevée d’un cran. Ce déclin se fait tout en douceur, dans un tempo régressif et une intervention apaisante du thème principal, jusqu’au fatidique achèvement, à 04 :14. Dès lors, nous constatons que nous avons passé un bon moment, un très bon moment, qui a commencé avec To Far Away Times… avant de remonter jusqu’à A Premonition. Tout l’OSV a été un bon moment à passer.
Avec cette première œuvre chez Squaresoft, inutile de dire que Yasunori Mitsuda a déjà gagné le respect de tous, le public comme ses confrères. Ce premier essai est la preuve de son immense talent, qui va de la création de mélodies, d’harmonie et de rythme, sans oublier l’ adéquation avec le jeu en question. Sans oublier bien sûr le désormais reconnu Nobuo Uematsu et la prometteuse Noriko Matsueda qui ont contribué, à leur propre mesure, à la réussite de cet album. Car Chrono Trigger OSV force le respect, il enchaîne les genres et les surprises inlassablement, et beaucoup d’OST de jeux vidéo n’ont pas cette qualité là. Et dans l’optique où la qualité est au rendez-vous, ainsi que le fort caractère mélodique des morceaux, jouer au jeu n’est qu’une éventualité à la procuration de cet OSV, qui vous surprendra à tous les coups. Sincèrement, prenez-vous le les yeux fermés, c’est une valeur sûre !

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